Préserver les langues traditionnelles

Préserver l’identité linguistique de l’aire Drubéa-Kapümé

La Nouvelle-Calédonie compte aujourd’hui 28 langues kanak. Parmi ces langues, le nââ drubea, le nââ numèè et la nââ kwényï sont parlées par les populations de l’Aire Drubea-Kapümé. Le nââ numéé est parlée dans les tribus de Touaourou, de Goro et de Waho et concerne environ 800 locuteurs actifs. Le nââ drubéa concerne Unia et Païta et le nââ kuênyii est parlée à l’Ile des Pins. Elles font elles-mêmes partie des 5 000 langues parlées à travers le monde.

Un constat alarmant fait état de la mort d’une de ces langues tous les quinze jours, autrement dit, 25 langues meurent chaque année. A cause de son faible nombre de locuteurs par langues, les langues kanak font partie des 2 500 langues menacées.

C’est dans cet esprit que le projet de Valorisation des Langues Kanak du Grand Sud a vu le jour en 2008. Ce programme est le fruit de l’Etude d’Impacts Socio-Economiques réalisée en 2007 par Vale et qui a mis en évidence les craintes des populations riveraines du complexe industriel de voir leurs coutumes et langues disparaître. Vale Nouvelle-Calédonie a ainsi entrepris, dès 2008, de contribuer à la préservation de l’identité linguistique dans l’aire Drubéa-Kapûmë. Le Programme de Valorisation des Langues Kanak du Grand Sud est mis en oeuvre par Vale en collaboration avec les communautés du Grand Sud et les organismes de l’enseignement et de la Culture.
Le programme de valorisation des langues kanak du Grand Sud est un projet pilote du groupe Vale.

De la collecte aux outils

Une collecte des vocables a été initiée en 2008 (déclarée année internationale des langues par l’Unesco) et a duré deux ans, auprès des personnes ressources du Grand Sud de la Nouvelle-Calédonie. Cette initiative s’est formalisée par écrit dans les trois langues, en recourant au système d’écriture reconnu et codifié par l’Académie des Langues Kanak.

Le besoin de supports pour accompagner l’enseignement des langues kanak du Grand Sud qui soient adaptés à l’âge, au mode de vie, au quotidien et à l’environnement des enfants concernés a été mis en relief par les différents acteurs rencontrés à Yaté (principalement les enseignants), à l’île des Pins et à Païta.

Ainsi, une collection d’outils pédagogiques a vu le jour en 2010, puis en 2011, la publication d’un premier conte traditionnel, outil privilégié des « vieux » pour transmettre leurs savoirs aux enfants.

Le choix des outils

L’élaboration de 5 affiches thématiques offre l’opportunité aux enfants de se réapproprier leur langue maternelle, en famille et entre amis, sur la thématique de la faune ailée, de la faune sous-marine, des plantes, des arbres et des plantes comestibles du Grand Sud de la Nouvelle-Calédonie. La collection est complétée de 5 livrets et de 6 jeux (5 jeux de mémoire et 1 jeu des espèces) qui ont été mis à disposition dans les classes de langue et les foyers, pour assurer une transmission ludique et pérenne.

Les partenaires

Vale Nouvelle-Calédonie s’est associé avec différents organismes compétents dans le monde de l’éducation et des langues pour réaliser ces outils. Dès le début de l’année 2008, des partenariats ont ainsi été établis avec les trois directions de l’enseignement public et privé (Direction de l’enseignement de Nouvelle-Calédonie ; Direction de l’Education de la province Sud ; Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique), l’ADCK, le Conseil Coutumier Drubéa-Kapumë, l’Université de la Nouvelle Calédonie et l’Académie des Langues Kanak.

Des ouvrages pour se réapproprier la langue maternelle

Edition de deux contes en nââ numèè : « Nyùwâxè, l’igname amère » et« Kamelisa, la petite tortue verte ». D’autres ouvrages sont à venir.« Nyùwârè, l’igname amère » est un conte issu de Touaourou retraçant la légende des origines de l’igname amère dans le Grand Sud. Sorti en avril 2012, il a pour auteur Adolphe Ouetcho.
L’Igname amère est le premier conte édité et réalisé par Vale Nouvelle-Calédonie. C’est la toute première édition en langue nââ numêê. Mille exemplaires de “l’igname amère” ont été publiés, dont la moitié ont été distribués gratuitement dans les écoles du Sud.

« Kamelisa, la petite tortue verte »

Kamelisa, la petite tortue verte est un texte bilingue nââ numèè – français, écrit en 2005 par les élèves de l’école maternelle Tchivi de Goro, sous la direction de l’institutrice de Langues et Culture Kanak, Marie-Victoire Koroma. Vale Nouvelle-Calédonie a souhaité le formaliser en l’éditant sous la forme d’un conte illustré, qui a été distribué dans les écoles et familles du Grand Sud.