La construction de l'ensemble industriel Vale Inco Nouvelle-Calédonie va s'étaler sur un peu plus de deux ans, soit entre mi 2005 et fin 2008. Il s'agit du plus grand projet construit en une seule fois en Nouvelle-Calédonie. A la fin des travaux 800 000 mètres cubes de terre auront été déplacés.
La construction du projet dans sa totalité va comprendre, outre les infrastructures du complexe (usine de transformation du minerai, usine de traitement du minerai, usine de traitement des résidus) et les infrastructures connexes (le port, la centrale), une conduite d'amenée d'eau , un convoyeur, une zone de stockage des résidus miniers, un système de rejet de l'effluent neutralisé, des bassins de décantation , de nombreux bâtiments annexes ainsi que l'extension de la base vie construite lors de la première phase et des installations qui y sont rattachées.
L'approche adoptée pour la construction, pour des questions de coût et de qualité, a été de faire construire l'usine et certaines de ses installations connexes par modules à l'extérieur du territoire. Le contrat a été confié à deux entreprises philippines spécialisées dans la construction de modules industriels, EEI et AG&P. Les modules ont donc été en grande partie construits aux Philippines, notamment à Batangas, mais une partie du travail a été réparti entre fournisseurs de plusieurs pays dont l'Italie, Israël, la Belgique, la Chine et l'Allemagne. Les premiers modules, destinés principalement à la centrale énergétique, ont été livrés sur le site début août 2006.
Ce sont de gigantesques modules. Les deux réservoirs de stockage de fioul lourd notamment, d'une capacité de 3 350m3, mesurent 18 mètres de haut chacun. Les décanteurs peuvent atteindre jusqu'à 36 mètres de haut. Pour décharger ces modules, une immense grue, pesant 1200 tonnes et mesurant 120 mètres a elle-même été livrée en pièces détachées de Norvège et assemblée sur le site à l'aide d'une autre grue.
Les modules sont livrés tout équipés, avec les tuyaux et les boîtes électriques déjà installés. Ils seront posés sur les fondations de béton et seront raccordés. Le concept, la construction et la préparation ont donc exigé un travail d'une grande rigueur et d'une incroyable minutie.
Plusieurs centaines de travailleurs étrangers spécialisés, principalement des philippins, ont été requis pour effecteur le travail de montage et d'assemblage. Les Philippines ont fait de l'exportation de main d'œuvre spécialisée une industrie nationale. Ces travailleurs sont expérimentés, rapides, efficaces et habitués à des chantiers de grande envergure.
Vale Inco Nouvelle-Calédonie a cependant consacré beaucoup d'efforts pour remplir son engagement d'optimiser les retombées locales dès l'étape de la construction. Pendant la première phase, principalement consacrée aux travaux de terrassement et à la construction des infrastructures connexes, jusqu'à 1 600 personnes ont travaillé sur le site, dont 88 % de travailleurs locaux et plus de 660 entités économiques locales ont offert des services pour un total d'engagement financier de quelque 30 milliards CFP (environ 300 millions $US).
Cette construction va nécessiter au plus fort de son activité, au moment du transport et du montage des modules sur le site, la présence de plus de 4000 personnes. Les travailleurs étrangers, principalement philippins, viennent renforcer les équipes locales dont les personnels ne sont pas assez nombreux ou, dans certains cas, insuffisamment expérimentés pour faire face aux besoins de la construction et aux exigences de l'échéancier.
Une équipe appelée Goro Construction Team (GCT) se charge de mener à bien la construction du projet, hormis celle de la centrale proprement dite qui revient à l'entreprise locale Prony Energies. Les équipements connexes à cette centrale sont aussi sous la responsabilité de Vale Inco Nouvelle-Calédonie.
L'équipe intégrée responsable de la mise en œuvre de la construction de l'ensemble industriel de Vale Inco Nouvelle-Calédonie, Goro Construction Team (GCT) est composée de 3 groupes:
GCT est chargée de gérer la conception et la construction du complexe Vale Inco Nouvelle-Calédonie. Elle a donc été amenée à préparer les appels d'offres, en fonction des plans et devis, à les analyser selon des critères rigoureux, puis à les attribuer.
Nouméa, Nouvelle-Calédonie
Site de construction de Prony, Nouvelle-Calédonie
Brisbane, Australie
* Une partie de l'ingénierie a été effectuée en Thaïlande et au Canada.
Goro Construction Team (GCT)
Batangas, Philippines *
*Plusieurs autres pays ont aussi été mis à contribution pour la construction des modules et de certains équipements dont l'Italie, Israël, la Chine, la Belgique, l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Espagne et le Japon.
Certes, un projet de classe mondiale comme celui de Vale Inco Nouvelle-Calédonie a des niveaux d'exigence très rigoureux quant au coût et à la qualité des matériaux, équipements et services requis et à la fiabilité des entreprises qui les fournissent. De plus son bassin d'approvisionnement s'étend à la grandeur du monde. En ce sens, des dizaines de pays seront sollicités à un moment ou à l'autre du projet avec trois ancrages : la Nouvelle-Calédonie (Nouméa et site de Prony), l'Australie et les Philippines.
Cependant, cette approche n'est pas incompatible avec la priorité à l'emploi local et à l'appel aux entreprises locales pour ce qui a trait à l'approvisionnement dans des domaines où elles sont qualifiées, soit directement soit comme sous-traitants de grands groupes internationaux. D'autant plus que CGT est convaincue que l'établissement et le maintien de partenariats efficaces avec les particuliers, les entreprises et les collectivités calédoniennes sont des facteurs déterminants dans la réussite du projet, depuis la conception des installations d'extraction et de traitement de Prony jusqu'à la mise en œuvre du projet.
En juillet 2004, l'équipe de projet a réalisé une enquête sur les ressources dont disposaient les entreprises calédoniennes afin d'optimiser leur implication dans la construction du projet. Cette enquête a permis le recours à plusieurs d'entre elles. Un pourcentage important des marchés relatifs à la construction a donc été attribué à des entreprises locales, soit directement soit par l'entremise de la sous-traitance.
Grâce à des objectifs communs et à des efforts concertés à travers toutes les phases du projet Vale Inco Nouvelle-Calédonie, ce dernier pourra donc être mené de façon avantageuse tant pour Vale Inco Nouvelle-Calédonie que pour la Nouvelle-Calédonie.
Afin de bien répondre à ses critères d'efficacité, de qualité et d'implication locale, GCT a réparti ses besoins en 5 types de marchés :
Critères d'attribution des marchés internationaux
Parce que Vale Inco Nouvelle-Calédonie a fait un engagement moral de la participation des entreprises calédoniennes à la construction de son projet, les dossiers d'appels d'offres internationaux contiennent un guide définissant la politique du contenu local du projet de Vale Inco Nouvelle-Calédonie auquel les entreprises doivent adhérer. Ce contenu local peut prendre la forme d'embauches directes, d'approvisionnement local, de groupement d'entreprises ou de sous-traitances.
Le contenu local constitue l'un des critères de sélection pour l'attribution des marchés. D'autres critères comme les références en termes d'hygiène, sécurité, protection environnementale, compétences, garanties requises et compétitivité économique sont aussi importants.
Sécurité sur le chantier
La sécurité est une préoccupation majeure de toute l'équipe travaillant sur le chantier de Vale Inco Nouvelle-Calédonie. Tous les individus et toutes les organisations qui travaillent sur le chantier doivent se conformer à la politique et aux règles de sécurité de Vale Inco Nouvelle-Calédonie et GCT.
Vale Inco Nouvelle-Calédonie, dans un souci de cohérence et d'efficacité a par ailleurs adopté une politique intégrée de Qualité, Hygiène, Sûrete, Sécurité et Environnement (QHSSE).
Protection de l'environnement
Vale Inco Nouvelle-Calédonie a inclus dans ses appels d'offres des obligations spécifiques visant la protection de l'environnement unique qui entoure le site de construction, de façon à minimiser les impacts.
Le Plan de Gestion de l'environnement durant la construction fixe les règles de fonctionnement et les responsabilités de chacun sur le chantier de façon à assurer la protection de l'environnement. Ces règles sont largement diffusées à tous sur le chantier et leur application est contrôlée par l'Equipe de projet. D'autres plans sont applicables, tels que celui pour la protection de la biodiversité, et celui pour la protection contre l'introduction d'espèces exogènes.
Une séance de sensibilisation aux problèmes environnementaux est organisée pour tout intervenant sur site lors de la session d'accueil.
La base vie est destinée à recevoir les travailleurs qui œuvrent sur le chantier de construction. Amorcée en 2002, au moment du premier démarrage, sa construction a été reprise à la réouverture du chantier en 2005 et graduellement agrandie au fur et à mesure des arrivées successives. En août 2006, elle était prête à recevoir les quelque 3 500 travailleurs qui travailleront sur le chantier au pic de la construction, soit vers la fin de 2006 et le début de 2007.
Elle a une capacité d'hébergement en augmentation constante : 908 lits sont opérationnels début août 2006. Les chambres sont des algecos, c'est-à-dire des unités de logement incluant portes, fenêtres, électricité. Aménagées pour loger selon les cas une, deux ou trois personnes, elles sont climatisées. Chaque groupe d'unités est pourvu d'installations sanitaires (douches et toilettes) et de terrasses couvertes.
La base vie inclut également une cafétéria servant des repas chauds et froids et pouvant restaurer 1500 personnes à la fois, des terrains de sport (basketball, football), un faré (lieu de rassemblement typiquement mélanésien), un bar, des salles de musculation, des salles de jeux et de télévision, une bibliothèque, un cyber-espace.
Diverses activités de sport et de loisirs sont organisées, selon la demande et les talents disponibles, ainsi que des fêtes et des événements spéciaux.
La base-vie est gérée par la compagnie Sodexho.
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